Ce qui s'est passé en la paroisse de Plougoumelen le 2 mai 1591 :bataille de keroyal (près de Pont-sal) – espagnol contre royaux, guerre des ligues.
Décembre 1588 – Le roi protestant Henri III fait assassiner le chef des catholiques Henri de Guise; c'est une provocation. Alors les royalistes huguenots de Bretagne font appel à des troupes auxiliaires anglaises; les ligueurs catholiques en attendent également du roi d'Espagne Philippe II qui les confie au Duc de Mercoeur. La politique s'en mêle : l'un et l'autre convoitent la Bretagne : S'ils gagnent, Mercoeur serait Duc d'une province redevenue indépendante (elle ne l'est plus depuis 56 ans), mais qui serait en même temps province espagnole, pense le roi Philippe II.
Les armées des deux camps sont formées de mercenaires, d'hommes payés pour combattre; les poursuites à main armée à travers notre pays pendant dix années vont jeter la consternation (rançons, pillages, incendies, meurtres composent le caractère de cette guerre fraticide). Aucun parti (huguenot ou catholique) n'a sous ce rapport rien à envire à l'autre.
Des troupes espagnoles en 1591 stationnent sur la rivière d'Auray, au lieu-dit le « Fort espagnol » en la paroisse de Crac'h. Plus haut en amont, sur un bras de la rivière d'Auray qu'on appelle la rivière du Bono, puis le Tronc en Plougoumelen, les royaux avaient fortifié un village situé sur un promontoire qu'on appela KER ROYAL (village des royaux). Ils y tenaient une petite garnison, spécialement chargée de surveiller le grand chemin d'Auray à Vannes; dans l'étranglement de Pont-sal. Au printemps de l'année 1591, les ligueurs bretons étaient en position assez inconfortable tant à Vannes qu'à Hennebont; aussi les espagnoles décidèrent-ils d'envoyer une petite armée au secours des ligueurs. Après avoir passé Vannes en y laissant quelques troupes, ils se dirigèrent vers Hennebont par le grand chemin (disons la voie-express Vannes-Auray).
La rencontre entre les espagnols et les soldats de Ker Royal eut lieu le 2 mai 1591 près du pont qui enjambait le Sal. Il y eu plusieurs dizaines de morts de part et d'autre, mais malheureusement parmi ceux-ci, le chronique de l'époque ne mentionne que le nom de Georges de Kervéno, sire de Kerlan (parti des royaux); sa femme Suzanne du Faou épousa, par la suite, Christophe d'Aradon, Baron de Camors, un chef ligueur.
Après l'échauffourée, les espagnols continuèrent leur chemin vers Hennebont et les royaux retournèrentà Ker Royal.